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 Mémoire de marin

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Amy Looper

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Messages : 16
Date d'inscription : 07/07/2013

MessageSujet: Mémoire de marin   Dim 7 Juil - 14:07

Affalé contre une table au fond de l'étage de la taverne, une bouteille en main, l'autre rangée par habitude dans un pan de son veston abimé, Beauregard restait insensible aux relents d'alcools entremêlés qui s'échappaient du bois sur lequel sa joue était appuyée. Il restait aussi insensible au brouhaha qui animait l'auberge, aux rires, aux brailles, aux échos des putains qui feignaient le plaisir pour satisfaire les mâles qui les entretenaient et que les portes en bois ne suffisaient pas à étouffer. Et pourtant, sa bouteille était encore pleine.

Les clients allaient et venaient entre la bâtisse de fortune et l'extérieur, entre l'étage et le rez de chaussée, entre les chambres et les salles de beuverie. Il releva à peine la tête, quand, entraîné par une trop forte consommation, un Homme d'une bonne taille se mit à hurler et tira son pistolet pour éclater le crâne d'un autre. Il manqua son tir. Les cogneurs, eux, ne manquèrent pas leurs coups, et il fut bientôt réduit au silence le plus long. La brève accalmie que l'incident avait causée se rompit aussitôt que son cadavre fut traîné dehors et son sang épongé par d'autres loques déjà imbibées d'alcool qui traînaient leurs carcasses sur le sol en tendant la main vers une autre gorgée.

Et pourtant, son pas ne lui échappa pas. Ni son parfum. Ni le son de sa voix. Ses bottines ferrées claquaient sur le sol à un rythme cadencé et chacun de ses pas faisait battre sa rapière contre sa cuisse. Raphaël ferma les yeux et se refusa à regarder. A vérifier. Et aussitôt, ses narines furent assaillies par le parfum mentholé mêlé aux effluves tardives de l'eau de mer. Sa voix coula dans ses oreilles comme un ordre, et, sitôt qu'elle s'était adressée à lui, il s'était relevé et redressé dans une posture de garde-à-vous irréprochable. La prise qu'elle exerça sur son épaule le fit se rasseoir aussitôt, et elle le rejoignit à sa table après avoir soutiré une chaise à un autre marin qui se contenta de brandir son poing en guise de contestation, avant de s'écrouler mollement sur un autre matelot.

"-Ce n'est pas un endroit pour une femme comme toi."

"-Et est-ce un endroit pour un Homme comme toi ?"

Elle secoua doucement la tête en se découvrant, étendant son large chapeau dont la plume avait conservé une apparence irréprochable sur la table.
La question avait décontenancé Beauregard, et s'il maintenait ses yeux ancrés dans ceux de la jeune femme, c'était uniquement pour ne lui dévoiler aucune des faiblesses que la dissolution de leur compagnie avait ouverte en lui. Ils se regardèrent un moment, et fatalement, le Gilnéen se sentit contraint de fournir une réponse.

"-Je crains que ce que je sois devenu ne te concerne plus Clarisse, je n'ai plus ma place sur ton navire. Jamais plus je ne combattrais pour ton Lion. Pas même en tant que corsaire."

"-Tu as prêté serment Raphaël. Tu n'as jamais déshonoré un serment."

"-Et je n'ai jamais renoncé à mon éthique, ce que ton amiral de père nous a contraint à faire, rompant par ce fait le serment pour lequel je m'étais engagé. J'ai perdu mon navire, mes Hommes et mon honneur en respectant les termes de mon serment. Aurais-tu oublié ? Déjà ?"

"-Je ne puis oublier. Mais je peux pardonner. C'était un choix stratégique."

"-Tu as oublier. Je vais t'aider à t'en souvenir."

"-Ce n'est pas nécessaire."

"-Ca l'est. La terreur dans leurs yeux, la surprise...te souviens-tu ?"

Et il lui fit se souvenir. Se souvenir de tout ce qu'elle avait profondément enterré dans son coeur et sa mémoire pour se consacrer pleinement à son devoir.
C'était un ordre simple, elle devait commander trois navires de guerre lourds et les mener jusqu'à l'embouchure d'un fleuve pour y retrouver deux autres navires et longer les côtes de la forêt de jade vers l'est pour empêcher le débarquement d'un reste de flotte de la Horde dont les éléments avaient été  séparés du reste de leur escadron par une violente tempête.
Les trois navires avaient voguer vers l'embouchure comme convenu, et y avaient attendus les deux corvettes qui devaient les y rejoindre trois jours durant. Au crépuscule du troisième jour arrivèrent enfin des navires, dont les couleurs d'un rouge terne et le nombre aidèrent chacun des capitaines à comprendre la teneur de leur mission.

L'Amiral De Faloise savait qu'un escadron de la Horde traquait les navires isolés à proximité de côtes depuis plusieurs semaines déjà et comptait sur le sacrifice de trois de ses vaisseaux pour les attirer dans l'embouchure du fleuve afin de les y piéger et de les anéantir sous un feu qu'ils ne pourraient éviter. A l'évocation d'un tel souvenir, le coeur de Clarisse de Faloise se serra. Son propre père avait commandé son sacrifice, ce jour-ci.

"-Alors ? Te souviens-tu mieux ? Est-ce à présent plus clair dans ton esprit ?"

La jeune femme n'osa répondre et tout deux baissèrent la tête. Cet ordre n'était pas sorti de la mémoire de Raphaël, mais évoquer le souvenir de cet ordre raviva les souvenirs précis de cette nuit.
Son navire avait été assailli par les deux bords, les ordres fusaient dans tout les sens, mais chacun savait pertinemment qu'aucun ordre ne suffirait à vaincre l'escadron auquel ils s'opposaient. Le capitaine Murena et lui même s'étaient concertés avec le capitaine De Faloise afin de sauver au moins l'un des trois navires. Le choix s'était porté sur celui de cette dernière, dont le bâtiment plus léger et rapide semblait le seul capable d'échapper aux vaisseaux de l'escadron.
La Revanche de la reine resta donc en retrait, devancé par le Vague à lames de Beauregard et et le navire de Murena. Quand ils atteignirent le barrage de l'Escadron, les deux navires de tête s'écartèrent et ouvrirent un passage incertain pour la Revanche qui fut épargné par les tirs de canon dont les deux autres bateaux furent les victimes.


Le Vague à lames encaissa une première bordée en libérant également la sienne, et fut dès le premier tir amputé d'un mât. Assailli par le bruit des explosions, Raphaël n'en démentait pas et hurlait ses ordres en tentant en vain de couvrir les détonations des pistolets et mousquets dont les balles se faisaient rarement meurtrières. La proximité des deux navires était autant un avantage qu'un inconvénient, et si l'abordage semblait impensable, le capitaine Beauregard commanda à ses canons de faire feu. Et le feu se déchaîna dans une déflagration assourdissante qui fit s'écarter les deux navires. Les deux bords avaient subis autant l'un que l'autre sous l'impact,  et, tandis que les deux bâtiments vacillaient dangereusement l'un vers l'autre, les orcs d'assaut se jetérent sur le Vague à lames.
Le claquement des sabres, des haches, des épées, la chair qui se fendait, les pistoles et fusils que l'on déchargeait, les hurlements des morts et des mutilés... Raphaël se souvenait de tout cela. Et quand le feu qu'avait déclenché la détonation de proximité se propagea sur les deux navires il commanda de quitter son bateau.  Tout ceux qui en eurent le temps se jetèrent à l'eau et nagèrent aussi loin qu'ils le pouvaient avant que la Sainte barbe n'explose dans un tourbillon de flammes et de fragments de bois brisé. Survivre. C'est tout ce à quoi il pouvait penser quand la déflagration le souffla à plusieurs dizaines de mètres au dessus de l'océan et le plongea dans l'eau.
Nager. Aussi loin que possible. Aussi vite. Sans regarder derrière lui. Sans pouvoir constater l'étendue des dégâts. Devant lui, il aperçut enfin la flotte. La flotte qui devait profiter de leur sacrifice pour abattre l'escadron de la Horde, et que la Revanche de la reine venait tout juste de rejoindre.

Il ne se souvenait pas de grand chose d'autre, si ce n'était des jours d'errance sur la côte de Pandarie à survivre tant bien que mal, avant d'être enfin retrouvé par Clarisse et son équipage.


"-Et malgré tout ça, tu peux encore te prétendre le grand défenseur d'idéaux et de valeurs que l'Alliance devrait propager ? Clarisse, par la lumière, où s'est enfuie la haine que tu vouais pour ces traîtres quand nous avons commandé la création de la compagnie des Revanchards ? Où ?"

"-Qu'étais-je sensée faire, après que les Luveris aient menés notre équipage à la mort ? "

"-Me suivre."

Clarisse laissa échappa un rire froid avant de reprendre sur le ton des reproches.

"-Et devenir un pirate sans foi ni loi, qui viole, pille et massacre ? Je te savais fort d'un honneur particulier, mais de là à rejoindre une bande de scélérats..."

"-Ils ont peut-être des valeurs plus louables que toute celles que prétend incarner le Lion que tu défends aussi ardemment."

"-Cite moi une seule valeur qu'ils prônent et qui te sembles juste ?"

"-La liberté."

Et sur cette déclaration, l'ancien capitaine Beauregard se leva et quitta l'auberge en repoussant les loques ivres mortes qui tanguaient mollement les unes contre les autres. Et se sut aussitôt suivi par son interlocutrice dont le claquement des bottines ferrées ne pouvait échapper à son oreille.
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